Le ministère chinois du Commerce a publié la réponse d’un porte-parole à 18:13, heure de Pékin, le 27 juillet — 10:13 UTC — en réaction à des informations selon lesquelles Washington entend ouvrir une enquête et sanctionner des entreprises chinoises d’IA pour la distillation de modèles américains de pointe. Le ministère n’a pas nié la pratique. Il a affirmé que les Américains font de même.

L’inversion

La phrase clé, dans le texte original : "Il est entendu que de nombreuses entreprises américaines d’intelligence artificielle ont distillé des modèles chinois dans la recherche, le développement et l’entraînement." Le ministère soutient que l’accusation est peu plausible dans ses propres termes, notant que les dates de publication des modèles chinois et américains sont désormais très rapprochées et que certains modèles chinois sont déjà en tête — ce qui rendrait une copie à sens unique difficile à concilier avec la chronologie.

Le langage

La déclaration qualifie le comportement américain d’« hégémonisme typique en matière d’IA » et avertit que "pour tout comportement qui nuit de manière substantielle aux intérêts de la Chine, la Chine prendra toutes les mesures nécessaires." Elle s’adresse aussi à une partie de l’opinion américaine, en citant près de 200 startups américaines qui ont demandé à Washington de ne pas couper l’accès aux modèles open source chinois.

Ce qui n’a pas été annoncé

Présenter cela comme des représailles est erroné à deux reprises. Aucune contre-mesure n’a été annoncée — il s’agit d’une réponse à une question de presse, et non d’une règle, d’une inscription sur liste d’entités ou d’un tarif. Pékin répond à des déclarations de responsables américains, et non à un règlement promulgué : aucune enquête américaine n’a été officiellement ouverte dans le dossier public. « Toutes les mesures nécessaires » est un avertissement conditionnel visant un avenir qui ne s’est pas encore produit d’un côté comme de l’autre.

Pourquoi cela mérite quand même d’être lu

Parce que ce qui comptera, ce sont les faits de départ, pas la rhétorique. Toute future désignation du Commerce ou du Trésor au sujet de la distillation devra résister à un dossier dans lequel le gouvernement visé a officiellement affirmé que la pratique va dans les deux sens. La distillation est aussi réellement difficile à prouver : elle laisse des traces statistiques dans le comportement des modèles plutôt que des documents, ce qui explique précisément pourquoi la même accusation circule désormais dans les deux sens avec à peu près autant de confiance et à peu près autant de preuves.