Le règlement (UE) 2026/1744, le Digital Omnibus sur l’IA, est entré en vigueur lundi — trois jours après sa publication au Journal officiel — et, avec lui, l’échéance la plus contestée de l’AI Act a cessé d’exister.
Ce qui a été repoussé, et de combien
Les obligations applicables aux systèmes autonomes à haut risque relevant de l’annexe III — emploi, éducation, biométrie, services essentiels, migration — passent du 2 août 2026 au 2 décembre 2027. L’IA intégrée à des produits réglementés en vertu du droit d’harmonisation de l’UE, tels que les machines, les jouets et les ascenseurs, est reportée au 2 août 2028. Les systèmes existants exploités par les autorités publiques restent, eux, au 2030.
Ce qui n’a pas bougé
C’est là que la plupart des articles se trompent. Les obligations relatives aux modèles d’IA à usage général ne sont pas modifiées, pas plus que le pouvoir de sanction de la Commission à leur encontre : à compter du 2 août 2026 — dimanche prochain — elle pourra infliger aux fournisseurs des amendes pouvant atteindre 3 % du chiffre d’affaires mondial ou 15 millions d’euros. Le recul a gagné du temps pour les déployeurs de systèmes à haut risque, pas pour les développeurs de modèles.
Entrer en vigueur n’est pas la même chose qu’être applicable
L’entrée en vigueur signifie que le règlement modificatif est désormais une loi. Cela ne veut pas dire que chaque disposition s’applique dès aujourd’hui ; chacune entre en application à sa propre date, échelonnée. Les titres annonçant que « les règles de l’AI Act de l’UE entrent en vigueur » décrivent l’inverse de ce qui s’est produit.
Le reste du paquet
Le Omnibus étend également les simplifications pour les petites et moyennes entreprises de taille intermédiaire, crée un banc d’essai réglementaire à l’échelle de l’UE, rétrograde la formation obligatoire à l’IA en simple encouragement non contraignant, élargit la supervision de l’AI Office sur les modèles à usage général et ajoute de nouvelles interdictions visant les systèmes d’IA générant des images intimes non consenties et des contenus pédopornographiques.
La décision était ancienne ; l’effet est nouveau
L’accord politique a été trouvé le 7 mai, le Parlement européen a voté le 16 juin et le Conseil le 29 juin. Ce sont ces événements qui faisaient l’actualité à l’époque. Ce qui a changé cette semaine est d’ordre juridique, pas politique : à compter d’aujourd’hui, l’échéance du 2 août pour l’IA à haut risque n’est plus en vigueur.
