Le Sénat brésilien a adopté PLP 74/2026 dans la soirée du 3 septembre, le projet de loi complémentaire qui exempte certaines incitations fiscales et certaines dépenses obligatoires des restrictions budgétaires en 2026. Les domaines concernés comprennent notamment les zones franches, les biens d’équipement et les data centres. Le texte doit désormais être promulgué par le président.

Pourquoi un second texte était nécessaire

Il s’agit de la correction d’un article diffusé dans le monde entier les 1er et 2 septembre, selon lequel le Brésil approuvait des milliards d’exonérations fiscales pour attirer des data centres dédiés à l’IA. Le régime spécial pour les services de data centre a été approuvé par le Sénat le 1er septembre — mais les règles budgétaires brésiliennes interdisent de nouvelles incitations fiscales sans mesures compensatoires, si bien qu’il ne pouvait pas légalement entrer en vigueur en 2026. PLP 74 est l’exception qui le rend utilisable. Le régime avait auparavant été retiré de ce texte par son rapporteur avant que le gouvernement ne le fasse rétablir.

Ce que le régime exonère réellement

Il suspend la Taxe à l’importation fédérale, l’IPI et le PIS/Cofins sur les équipements destinés à installer, agrandir ou moderniser des data centres. L’estimation du gouvernement évalue le coût à 5,2 milliards de reais de recettes fédérales perdues en 2026, puis à environ 1 milliard de reais par an pendant les deux années suivantes. Il s’agit d’une exonération de recettes, et non d’une mesure de l’investissement attiré — une distinction que le chiffre mis en avant peut conduire les lecteurs à manquer.

Les conditions sont au cœur du sujet pour les opérateurs

Les data centres éligibles doivent utiliser des sources renouvelables, limiter leur intensité annuelle d’utilisation de l’eau pour le refroidissement à 0,05 litre par kWh au maximum, investir au Brésil un montant équivalent à 2 % de la valeur des biens achetés dans le cadre du régime, et réserver 10 % des services de data centre au marché intérieur. Le plafond sur l’eau est suffisamment strict pour pousser les opérateurs vers le refroidissement en boucle fermée ou par air.

Ce que la présentation initiale passe sous silence

Aucun des deux textes n’est une loi. Ils attendent tous deux la sanction présidentielle, et la taxe ICMS au niveau des États — le poste de coût le plus important pour un data centre brésilien — n’est touchée par aucun des deux. Sur le vote lui-même, le registre officiel de la chambre indique seulement que l’adoption a été unanime ; les décomptes qui circulent, 66 voix pour au Sénat et 346 à la Chambre plus tôt dans la journée, proviennent du secteur et de la presse généraliste plutôt que d’un décompte certifié, et doivent être considérés comme des chiffres rapportés par la presse.