Fervo Energy et Google ont annoncé le 1er septembre un contrat d’achat d’électricité (PPA) signé de 396 MW, issu du Cape Station GeoCluster dans le sud-ouest de l’Utah, dont la mise en service est attendue en 2028. Il est présenté comme le plus important PPA géothermique amélioré à ce jour — un superlatif qui porte sur la taille du contrat, et non sur la production.

Ce que le cadrage courant ne dit pas correctement

La couverture a fusionné trois éléments distincts en « Google sécurise près d’un gigawatt de géothermie ». D’abord, seuls 396 MW sont contractés. Les quelque 600 MW supplémentaires constituent une option que Google peut exercer d’ici juin 2030, et le communiqué la subordonne à « la faisabilité technique, aux approbations de l’État et des autorités locales, ainsi qu’aux conditions commerciales ». Une option n’est pas un contrat d’offtake. Ensuite, rien de tout cela n’est en production : le GeoCluster contracté doit livrer en 2028, et le seul actif en fonctionnement mentionné par le communiqué est le projet pilote Project Red de 2023.

La charge n’existe pas encore non plus

Troisièmement, et c’est ce qui passe le plus facilement inaperçu, le communiqué précise que l’électricité est destinée à un « data center potentiel dans l’Utah », dont les « plans finaux restent soumis » aux mêmes conditions. Il s’agit donc d’un contrat d’électricité signé avant la centrale comme avant le centre de données — pas d’électricité achetée pour un campus existant. À lire dans l’ordre : un générateur non construit, contracté pour une charge non construite, avec la moitié la plus importante du chiffre mis en avant qui reste une option non exercée.

Le changement d’échelle par rapport au contrat précédent

La comparaison qui donne du sens au chiffre est le précédent PPA de Fervo avec Google et NV Energy : 115 MW, signé en juin 2024. Cela représente environ trois fois et demie plus, de la part d’une entreprise entrée en Bourse cette année seulement (Nasdaq: FRVO, amendement au S-1 déposé le 11 mai 2026).

Le risque de concentration pèse sur le producteur

Le fait que les hyperscalers contractualisent des capacités fermes, décarbonées et disponibles 24/7 des années avant la charge est désormais normal. Ce qui l’est moins, c’est la structure de contrepartie : un producteur récemment coté, encore au stade pré-échelle, qui finance une construction de fin de décennie pour un seul acheteur. Si l’option n’est pas levée, la majeure partie de la production de Cape Station en fin de décennie n’aura pas de débouché contractuel.