Les ingénieurs de Waymo ont présenté lundi leur processeur de fusion de capteurs à Hot Chips. Le débit d’apprentissage automatique divulgué est de 160 TOPS (INT8×INT8) et de 80 TFLOPS (FP16). Depuis le 20 août, date à laquelle Waymo a publié un billet de blog sur ce silicium, le chiffre en circulation est de « plus de 1 000 TOPS », généralement interprété comme plaçant Waymo « au niveau des derniers systèmes de conduite autonome de Nvidia ».

Ce que montrent les diapositives

Une puce de 208 mm² en TSMC N5, dans un boîtier FCBGA de 45 mm × 45 mm, sous un TDP de 75 W. Mémoire LPDDR5x intégrée au boîtier à 273 GB/s, 64 MB de SRAM sur puce et un fichier de registres de 8 MB. 16 éléments de traitement dans la matrice centrale, deux cœurs CPU RISC-V avec extensions vectorielles dans l’élément de contrôle, et deux GPU tiers prenant en charge le traitement des nuages de points et les FFT. PCIe Gen5 x8 vers l’hôte, Ethernet 25G, ingestion des capteurs MIPI. Elle est déjà déployée, dans des véhicules de sixième génération, au sein d’une flotte en exploitation.

Ce que le cadrage habituel manque

Trois erreurs se cumulent pour aboutir au chiffre de 1 000. La première est grammaticale : le billet de Waymo parle de « ces ASIC » — au pluriel. Il y en a deux par véhicule, et la couverture médiatique a transformé une paire en une seule puce. La deuxième concerne leur fonction. Ils existent pour la redondance : si l’un tombe en panne, la voiture peut tout de même se mettre en sécurité. On ne peut pas additionner une paire de secours et la présenter comme une spécification — et même si c’était le cas, 2 × 160 font 320 TOPS de ML, pas 1 000. La troisième tient à la réserve formulée dans la phrase elle-même. Waymo a écrit que les ASIC fournissent plus de 1 000 TOPS « dédiés au traitement en front-end et aux modèles de ML » — en regroupant travail fixe sur les pixels, traitement du signal d’image et débruitage temporel avec les moteurs matriciels. Hot Chips les distingue. Comparer ce composite à un chiffre de ML de classe Nvidia Thor revient à comparer deux dénominateurs différents.

L’histoire plus intéressante, en dessous

Une puce consommant moins de 75 watts n’a jamais été en concurrence avec un ordinateur de conduite de 500 watts sur le seul débit brut, et la présentation montre clairement qu’elle ne cherchait pas à l’être : l’objectif de conception est la latence à taille de lot de un. Ce que Waymo a construit est un front-end de capteurs petit, peu coûteux et à faible consommation, co-conçu avec son propre encodeur de fusion, tandis que le modèle de conduite lourd reste ailleurs dans le véhicule. C’est une vraie réussite, et une affirmation différente de celle qui a circulé. Waymo n’a pas remplacé l’ordinateur principal ; il a supprimé la plomberie des pixels.

Ce qui reste non détaillé

Waymo n’a pas ventilé en quoi consiste le reste du débit de sa propre mesure composite. Cette absence est ici signalée comme telle, sans être comblée.