La Motion Picture Association et ByteDance ont annoncé le 17 août ce que la MPA présente comme un accord inédit : un Memorandum of Understanding établissant un cadre commun pour maintenir des garde-fous sur les modèles génératifs d'IA pour la vidéo et l'image. Il couvre Seedance et Seedream — les versions 2.0 et 2.5, ainsi que 5.0 Lite et 5.0 Pro respectivement — déployés sur TikTok, la coentreprise TikTok USDS, CapCut et Dreamina.
Ce que le cadrage dominant passe à côté
Le sujet est présenté comme un accord sur le droit d'auteur, un pacte et, par endroits, une trêve — un vocabulaire qui, dans ce secteur, désigne un accord de licence assorti d'une contrepartie financière, du type de ceux que les labels ont conclus avec des sociétés de génération musicale. Ce n'est pas le cas ici. Un memorandum of understanding est une déclaration d'intention. La propre annonce de la MPA ne révèle aucun terme financier, n'accorde aucune licence sur le catalogue d'un studio et ne comporte aucune renonciation à des prétentions : aucun studio n'a renoncé à quoi que ce soit, et la position juridique d'aucun membre n'a changé. ByteDance a seulement accepté un cadre de garde-fous pour la suite.
La question sans réponse est celle des données d'entraînement
L'annonce ne dit rien des entrées. Elle décrit des protections et des garde-fous sur les modèles tels qu'ils sont déployés ; elle n'indique pas si ByteDance a entraîné Seedance ou Seedream sur des bibliothèques de studios, ni ne prend d'engagement sur de futures données d'entraînement. C'est pourtant la question au cœur de chaque affaire de droit d'auteur liée à l'IA générative actuellement devant les tribunaux, et ce document n'y répond pas.
Comment les parties en sont arrivées là
En février 2026, la MPA a adressé une mise en demeure à ByteDance après la sortie de Seedance 2.0, et ByteDance a suspendu le lancement mondial de ce modèle. Le MOU est l'aboutissement négocié de cet épisode. Charles Rivkin, président-directeur général de la MPA, l'a présenté en termes de principe plutôt que de modalités : « L'accord d'aujourd'hui illustre notre conviction que le droit d'auteur est une pierre angulaire de l'industrie du cinéma et de la télévision. » John Rogovin, avocat général de ByteDance, a déclaré que l'entreprise « respecte les droits de propriété intellectuelle qui soutiennent les industries créatives dans le monde entier ».
Pourquoi les studios voulaient malgré tout un document
ByteDance est un développeur chinois dont les équipes modèles se situent largement hors de portée pratique des tribunaux américains, ce qui rend les injonctions et les condamnations à des dommages-intérêts peu efficaces. Un cadre négocié est ce qui reste lorsque le contentieux n'est pas possible. Il est aussi utile : les studios peuvent désormais s'en servir dans leurs affaires en cours contre des développeurs de modèles américains comme alternative raisonnable — un argument valable que le MOU oblige ou non ByteDance à quoi que ce soit.
