Depuis deux ans, la prudence d’Apple en matière d’intelligence artificielle passait pour une faiblesse. Cette semaine, elle ressemble plutôt à une couverture. Apple a touché un record lundi 13 juillet 2026, prolongeant une hausse d’environ 16% depuis le point bas du titre le 25 juin — une progression qui a ajouté environ 650 milliards de dollars à sa capitalisation boursière, tandis que les investisseurs retirent des fonds du pari sur l’IA.

Un repli vers la prudence

Le mouvement est une rotation, pas un rallye généralisé. Les inquiétudes suscitées par les sommes colossales englouties dans l’IA ont pesé sur les valeurs des fabricants de puces et des géants du cloud computing, et Apple — qui dépense comparativement peu dans la construction de centres de données — est devenue le refuge des traders. Son approche plus mesurée, autrefois moquée comme un retard, est soudain un atout.

Le tableau de bord

L’écart est saisissant. Depuis la fin juin, le Philadelphia Semiconductor Index a reculé d’environ 10%, tandis que le S&P 500 progresse d’environ 3% et que le Nasdaq 100, riche en valeurs technologiques, n’a gagné que 0,3%. Les fabricants de puces mémoire Micron et SanDisk — les meilleurs performeurs de l’année — ont mené les ventes, enregistrant leurs plus fortes baisses hebdomadaires depuis début mars.

La retenue comme stratégie

Le pari d’Apple consistait à rester à l’écart de la frénésie des dépenses d’investissement et, à la place, à payer Google pour accéder à des modèles de pointe afin d’alimenter ses fonctionnalités d’IA. À mesure que grandissent les doutes sur le moment — ou même la possibilité — où les hyperscalers dégageront un retour sur leurs capex liés à l’IA, cet arrangement est de plus en plus perçu comme avisé plutôt que timoré. Les analystes évoquent un iPhone pliable comme prochain catalyseur potentiel, et notent qu’Apple a pu augmenter certains prix sans entamer la demande.

La question du retour sur investissement

Derrière cette rotation se cache une seule inquiétude : aucun signal clair n’indique encore à quel moment les quelque 1,5 trillion de dollars de dépenses d’infrastructure IA prévues par le secteur en 2026 commenceront à porter leurs fruits. Le rebond pourrait s’inverser rapidement si les valeurs de l’IA repartaient de plus belle — mais pour l’instant, le marché récompense l’entreprise qui a le moins dépensé.