Anthropic s’emploie à fermer les failles qui ont permis à des entreprises chinoises d’utiliser ses modèles Claude malgré l’interdiction de servir des entités contrôlées par la Chine, a rapporté le Financial Times le 3 juillet 2026. Ces contournements — filiales à l’étranger, VPN et services de relais de marché gris — enfreignent les conditions d’utilisation d’Anthropic, même s’ils ne violent, selon les informations disponibles, ni le droit américain ni le droit chinois.

Comment les contournements fonctionnaient

Selon le FT, Ant Group a fourni à ses employés des comptes Claude d’entreprise rattachés à une filiale basée à Singapour, tandis que ByteDance remboursait des ingénieurs pour des abonnements personnels accessibles via des VPN. Le reportage décrit aussi des « stations de transfert » — des sites situés en Chine qui relaient les requêtes vers Claude via des comptes ou des clés API détenus à l’étranger, puis revendent les jetons à environ 5 à 10 % des prix officiels — ainsi que des entités constituées à l’étranger opérant sur des infrastructures cloud telles que Microsoft Azure. Ant et ByteDance ont toutes deux refusé de commenter.

Ce qu’Anthropic fait

L’entreprise fait appliquer une règle annoncée en septembre 2025 interdisant les entités « détenues à plus de 50 %, directement ou indirectement, par des sociétés dont le siège est situé dans des régions non prises en charge » comme la Chine, et renforce la détection à l’aide d’indices tels que les fuseaux horaires des utilisateurs et leurs schémas d’utilisation. Depuis environ avril 2026, elle exige une vérification d’identité — pièces d’identité officielles et selfies en direct — pour les utilisateurs signalés. Anthropic soutient que des entreprises relevant de la juridiction chinoise peuvent être légalement contraintes de partager des données ou de coopérer avec les services de renseignement ; son directeur général, Dario Amodei, a déclaré en février que l’entreprise avait renoncé à « plusieurs centaines de millions de dollars » de revenus en refusant des clients liés au PCC.

Une partie d’un bras de fer plus large

Cette offensive fait suite à une lettre adressée le 10 juin 2026 à des sénateurs américains, dans laquelle Anthropic décrivait ce qu’elle a appelé la « plus grande attaque connue de distillation » contre Claude — environ 25 000 comptes frauduleux générant quelque 28,8 millions d’interactions entre le 22 avril et le 5 juin — et liait les opérateurs au laboratoire Qwen d’Alibaba, sans accuser directement l’entreprise. Les sénateurs Bill Hagerty et Andy Kim préparent un amendement à la législation sur la défense pour sanctionner les entreprises chinoises qui accèdent indûment aux sorties des systèmes d’IA américains.

La tension autour de la confiance

Ce durcissement intervient alors qu’une polémique enfle après des informations selon lesquelles Claude Code aurait contenu un code caché de détection de la Chine — vérifiant les fuseaux horaires système et les noms d’hôte par rapport à une liste de laboratoires d’IA chinois connus — qu’Anthropic aurait, selon ces informations, décidé de retirer. Des analystes notent qu’un géoblocage et une détection trop agressifs risquent d’éroder la confiance des développeurs qui a porté l’adoption mondiale de Claude, un compromis délicat à mesure que l’entreprise tente de contrôler qui utilise ses modèles les plus avancés.