Le mécontentement local autour des centres de données pour l’IA est devenu un mouvement national. Le samedi 18 juillet, des opposants ont organisé 142 manifestations dans 42 États — la première action coordonnée à l’échelle nationale contre l’infrastructure qui alimente l’essor de l’IA.

Une première coordonnée

Jusqu’à présent, l’opposition aux centres de données était fragmentée et très locale — un conflit de zonage ici, une plainte sur l’usage de l’eau là. Les actions de samedi, organisées par le groupe de base HumansFirst, ont relié ces griefs en une journée de protestation unique contre ce que les organisateurs qualifient de développement « sans reddition de comptes » de la part des plus grandes entreprises technologiques du pays.

La comparaison avec le Tea Party

Le mouvement s’inspire d’une stratégie explicite. Le cofondateur de HumansFirst, un ancien organisateur du Tea Party, a comparé cette initiative à la vague populiste de la fin des années 2000 — une révolte ascendante, transpartisane, contre la concentration du pouvoir. Ce cadrage signale une ambition qui dépasse les plaintes de type NIMBY : faire des infrastructures de l’IA un sujet politique national.

Là où la colère s’est concentrée

Le Texas a accueilli le plus grand nombre d’événements, avec 18, suivi de la Géorgie (11), de la Californie (8), puis de la Pennsylvanie, de la Floride et de l’Indiana (7 chacune) — une carte qui correspond de près aux zones où des hyperscalers comme Meta, Alphabet, Amazon, Microsoft et xAI construisent.

L’opinion publique en toile de fond

Le sentiment est large. Un sondage Reuters/Ipsos de juin a révélé qu’à peine un tiers des Américains approuvent le rythme actuel de construction des centres de données, et que seulement 14 % soutiendraient un centre de données dans leur propre communauté. Cet écart — entre les plans de développement de l’industrie et l’acceptation du public — est la ligne de fracture que ces manifestations cherchent à élargir.