Nebius Group, le fournisseur de cloud soutenu par Nvidia et issu de l’ancienne Yandex, a indiqué le 17 juillet avoir levé environ 775 millions de dollars dans sa première facilité de dette senior garantie — et la manière dont cet argent a été emprunté est presque aussi remarquable que son montant.

La structure

La facilité est garantie par une infrastructure GPU déjà déployée, ainsi que par des flux de trésorerie contractuels provenant d’un client de qualité investment grade. Elle arrive à échéance le 31 octobre 2030, est assortie d’un taux de SOFR plus 2,50 % et — point crucial — couvre plus de 100 % des dépenses d’investissement nécessaires au déploiement des puces sous-jacentes, permettant en pratique à Nebius de recycler son capital aussi vite qu’il installe du matériel.

Emprunter contre du silicium

C’est la mise en place d’un modèle sur lequel repose de plus en plus la montée en puissance de l’IA : considérer les GPU comme des actifs finançables et générateurs de trésorerie plutôt que comme un coût irrécupérable. Les prêteurs obtiennent une créance sur les puces et sur les revenus qu’elles produisent ; les opérateurs évitent de diluer le capital ou d’attendre des bénéfices. Nebius rejoint ainsi un petit groupe en expansion — des prêts adossés à des GPU comme ceux d’Upper90 — qui valide ce modèle.

Le carnet de commandes

Ce qui rend la dette finançable, c’est la demande. Nebius a évoqué plus de 40 milliards de dollars de revenus contractuels supplémentaires provenant de clients dont Microsoft et Meta — le type de carnet de commandes investment grade qui donne aux prêteurs la certitude que les garanties continueront à générer des revenus. Ce carnet de commandes, et non le matériel seul, constitue la véritable sécurité.

Le verdict du marché

Les investisseurs ont apprécié. Les actions NBIS ont gagné environ 8 %, effaçant une baisse de 14 % la veille alors que le secteur des semi-conducteurs reculait dans son ensemble. Ce rebond, lors d’une journée difficile pour les puces, suggère que le marché récompense les neoclouds capables de financer leur expansion sans s’appuyer sur les marchés actions — même s’il s’inquiète des fondeurs en amont. Nebius, coté aux États-Unis après être issu du démantèlement de la russe Yandex, se livre à une course contre des rivaux comme CoreWeave pour sécuriser des capacités ; la dette adossée à des actifs, plutôt qu’une levée de fonds dilutive, est le moyen par lequel les plus rapides d’entre eux tiennent le rythme.