Le plus grand salon mondial de l’IA cherche à devenir un véritable rendez-vous académique. Le 18 juillet, WAIC a accueilli WAICA, sa première conférence autonome évaluée par les pairs — une tentative d’associer le spectacle commercial de la conférence à une recherche rigoureuse, et de repenser ce à quoi ressemble un article scientifique à l’ère de l’IA.
Des références sérieuses
La composition du comité traduit cette ambition. WAICA est présidée par le lauréat Turing Andrew Chi-Chih Yao, avec l’autre lauréat Turing Richard Sutton — figure fondatrice de l’apprentissage par renforcement — comme co-président international. La conférence a reçu 282 soumissions et en a accepté 57, soit un taux de sélection de 20,21 %, tandis que le Best Paper et le Best Student Paper ont été attribués sur place.
Un format « natif de l’IA »
La partie la plus novatrice concerne le support. Au lieu de PDF statiques, WAICA convertit les articles en Markdown avec vidéo, audio et démonstrations interactives intégrés — au motif que la recherche en IA, souvent centrée sur des systèmes dynamiques, est mal servie par un document figé. Les auteurs sont encouragés à joindre du code exécutable, avec une intégration prévue de Hugging Face afin que les résultats puissent être reproduits plutôt que simplement lus.
Repenser l’évaluation
L’évaluation par les pairs est elle aussi remaniée, via un processus en trois niveaux combinant un filtrage assisté par IA, des commentaires ouverts du comité de programme et une adjudication multi-parties. Il s’agit d’une réponse directe à la pression que le volume de publications en IA exerce sur l’évaluation traditionnelle, où l’offre de relecteurs ne parvient pas à suivre la croissance des soumissions.
Pourquoi c’est important
Accueillir une conférence académique crédible au sein d’un événement commercial soutenu par l’État est une déclaration d’ambition scientifique : la Chine indique qu’elle veut fixer les normes de publication de la recherche en IA, et pas seulement en faire la démonstration. Reste à voir si le format « natif de l’IA » s’imposera au-delà de WAICA, mais l’expérience vise des faiblesses bien réelles et largement ressenties dans la manière dont le secteur partage aujourd’hui ses travaux.
