Le cadre que les États-Unis mettent en place pour examiner leurs modèles d’IA les plus puissants passe du papier à la pratique. En vertu d’un décret exécutif signé par le président Trump le 2 juin 2026 — « Promoting Advanced Artificial Intelligence Innovation and Security » — les premières échéances fédérales sont tombées le 2 juillet, tandis qu’un ensemble d’obligations plus déterminant doit intervenir le 1er août.

Ce qui était dû le 2 juillet

Les exigences à 30 jours de l’ordre portaient sur la cybersécurité. Les systèmes de sécurité nationale ont reçu l’ordre de donner la priorité à leur propre défense cyber ; le Département de la Sécurité intérieure, via CISA, doit publier des directives opérationnelles contraignantes pour les réseaux fédéraux civils ; et le Département du Trésor doit mettre en place une « chambre de compensation de cybersécurité de l’IA » afin de partager des informations sur les menaces.

La plus grande échéance du 1er août

D’ici au 1er août, les agences, dont le Département du Trésor, la NSA et CISA, en collaboration avec le National Institute of Standards and Technology, doivent élaborer un processus de benchmark classifié pour évaluer les capacités cyber avancées des modèles d’IA — et fixer le seuil définissant un « covered frontier model », un terme que l’ordre laisse volontairement sans définition. Un cadre volontaire d’engagement avant publication est également attendu le même jour.

Accès, pas licence

Ce cadre volontaire permettrait aux développeurs de donner au gouvernement un accès aux modèles concernés pendant jusqu’à 30 jours avant une publication prévue, sous réserve de garanties de confidentialité, de cybersécurité, de prévention des risques internes et de protection de la propriété intellectuelle. La section 3(c) écarte expressément toute obligation de licence, d’autorisation préalable ou de permis pour développer ou diffuser des modèles d’IA. Par ailleurs, l’ordre demande au procureur général de donner la priorité à la lutte contre la cybercriminalité facilitée par l’IA en vertu des lois existantes sur la fraude et la criminalité informatique.

Déjà visible sur le marché

Le dispositif influence déjà les lancements. OpenAI a diffusé GPT-5.6 auprès d’une vingtaine de partenaires vérifiés plutôt que du grand public, et Fable 5 d’Anthropic est revenu avec de nouveaux engagements d’accès gouvernemental avant publication, ainsi qu’un travail avec le Center for AI Standards and Innovation du Département du Commerce. Le contraste est net avec l’Union européenne, qui commence à appliquer son AI Act contraignant aux fournisseurs de modèles le 2 août — la même semaine.