Stripe est en discussions pour acquérir OpenRouter dans une opération qui pourrait valoriser la place de marché de modèles d’IA à environ 10 milliards de dollars, a rapporté le Wall Street Journal jeudi soir. Un accord pourrait être annoncé prochainement — même si le Journal note que les discussions pourraient encore échouer, ou susciter l’intérêt d’un autre acheteur. Plusieurs autres grandes entreprises technologiques auraient par ailleurs envisagé de faire une offre.

La prime

OpenRouter a été valorisée à environ 1,3 milliard de dollars en mai, lors d’un tour de série B de 113 millions de dollars mené par CapitalG, le fonds de croissance d’Alphabet, avec Nvidia parmi les participants. Un prix de 10 milliards de dollars représenterait environ huit fois cette valorisation, fixée il y a environ deux mois. Stripe elle-même était valorisée à 159 milliards de dollars plus tôt cette année.

Ce que fait OpenRouter

Fondée en 2023 par Alex Atallah, cofondateur d’OpenSea, et basée à San Francisco, la société propose une passerelle API unique vers des centaines de modèles — propriétaires et open-weight — d’OpenAI, Anthropic, Google et des laboratoires open source. Les développeurs peuvent comparer les modèles, changer de fournisseur et acheminer le trafic sans rien réécrire. Plus de cinq millions de développeurs l’utilisent.

Pourquoi une entreprise de paiement s’y intéresse

Parce qu’OpenRouter est déjà une couche de mesure et de facturation, simplement orientée vers des modèles. Chaque appel acheminé est une transaction mesurée, tarifée et réglée — et OpenRouter exécute aujourd’hui ces paiements sur Stripe. Le rachat placerait Stripe au péage entre les développeurs et l’inférence, soit la position qu’elle recherche à mesure que les agents logiciels commencent à dépenser de l’argent de manière autonome.

La réserve

Il s’agit d’un reportage sur des négociations, pas d’un accord signé. Aucun terme n’a été confirmé par l’une ou l’autre des sociétés, et aucune n’a fait de commentaire. Ce qui ne fait pas débat, en revanche, c’est la trajectoire du prix : une couche d’acheminement valorisée 1,3 milliard de dollars en mai est désormais évoquée à huit fois ce montant en juillet.