OpenAI a publié le 28 août un billet indiquant avoir notifié SpaceX de son intention de mettre fin progressivement au contrat fournissant les modèles d’OpenAI à Cursor, avec une date d’arrêt proposée au 12 novembre 2026. L’article est intitulé « Our decision on Cursor following its acquisition by SpaceX » et compte sept paragraphes. En quelques heures, il a été présenté comme une coupure d’accès d’OpenAI à Cursor. Le document dit quelque chose de plus précis.

Ce que l’avis fait réellement

La phrase operative est un retrait progressif, pas une résiliation : OpenAI écrit que, pour « maximiser le temps pendant lequel les développeurs peuvent conserver l’accès à nos modèles via Cursor, nous accordons le préavis maximal prévu par notre contrat ». L’accès existant se poursuit pendant environ dix semaines et demie à compter de l’avis. OpenAI décrit la relation comme dur ant « près de quatre ans ».

La clause activée

OpenAI indique que son « accord personnalisé avec Cursor nous donne une fenêtre de temps limitée pour le résilier après un changement de contrôle ». C’est le mécanisme en jeu. L’acquisition de Cursor par SpaceX a ouvert une fenêtre contractuelle assortie d’une échéance, et OpenAI l’utilise. Un droit de changement de contrôle est exerçable indépendamment du comportement de l’autre partie ; il existe précisément pour qu’un fournisseur ne soit pas contraint d’entrer dans une relation avec un acquéreur qu’il n’a pas choisi.

Ce que le cadrage courant présente mal

Trois choses. Premièrement, « couper l’accès » laisse entendre que le service prend fin ; le service prend fin le 12 novembre, et le billet précise qu’OpenAI a volontairement repoussé la résiliation « à la dernière date possible ». Deuxièmement, l’avis ne contient aucune accusation contre Cursor. Le fondement invoqué par OpenAI est qu’il « ne peut pas être certain que SpaceX utilisera notre technologie dans le respect de nos conditions d’utilisation, au vu de notre expérience avec les entreprises d’Elon Musk qui violent des contrats » — elle cite Twitter, désormais partie de SpaceX, et xAI, également désormais partie de SpaceX. La partie évaluée est l’acquéreur. Troisièmement, et c’est le point le moins relayé : la même phrase qui promet l’arrêt le plus tardif possible dit aussi qu’OpenAI s’en tient à cette date « tout en ne fournissant pas de futurs modèles à Cursor ». Cette restriction n’est pas programmée pour novembre. Elle est déjà en vigueur.

La partie qui relève d’un jugement, pas d’un fait

L’affirmation de confiance d’OpenAI repose sur le comportement d’autres sociétés désormais sous le même toit, ainsi que sur un témoignage qu’il dit avoir été donné sous serment par Musk plus tôt cette année. Aucune conclusion sur la conformité propre de Cursor n’est avancée dans le billet. Lu comme une action contractuelle, le texte est clair ; lu comme un verdict sur Cursor, il ne l’est pas.