L’AI Security Institute (AISI) britannique a publié le 17 juillet une mesure qui devrait alerter les équipes de sécurité : l’écart entre les modèles open-weight librement téléchargeables et les meilleurs systèmes fermés de pointe sur les tâches de cyberattaque s’est réduit à environ quatre à sept mois, contre six à dix mois un an plus tôt.
Ce que montre l’étude
L’AISI a évalué les principaux modèles ouverts — notamment GLM-5.2 et DeepSeek V4-Pro — face à des systèmes fermés de pointe et a posé une question simple : à combien de temps l’écosystème ouvert est-il en retard ? La réponse est que la marge de sécurité sur laquelle les défenseurs s’appuyaient s’amenuise rapidement.
Comment l’évaluation a été menée
Sur un benchmark « Narrow Cyber Tasks » de 70 tâches réparties sur quatre niveaux de difficulté, du non-expert à l’expert, GLM-5.2 a égalé des modèles fermés datant d’environ quatre mois, et DeepSeek V4-Pro ceux d’il y a environ cinq mois. L’AISI a également mené des simulations d’attaque complètes, et pas seulement des tâches isolées.
Le test de bout en bout
Dans un scénario « Cyber Ranges » appelé « The Last Ones » — une attaque en 32 étapes contre un réseau d’entreprise simulé — GLM-5.2 a obtenu des performances comparables à celles de Claude Opus 4.5, un modèle lancé environ sept mois plus tôt. Enchaîner des dizaines d’étapes en une intrusion cohérente est la partie la plus difficile, et les modèles ouverts se rapprochent sur ce point.
Le dilemme des modèles ouverts
Ce décalage représente, en pratique, le délai supplémentaire dont disposent les défenseurs et les régulateurs avant que des capacités offensives de pointe deviennent impossibles à encadrer. Le fait de voir ce délai passer d’environ dix mois à quatre mois aiguise une question de politique publique à laquelle le gouvernement britannique lui-même est confronté : les publications open-weight devraient-elles être soumises à des seuils de capacité, et qui devrait en décider ? Les deux modèles mis en avant par l’AISI — GLM-5.2 et DeepSeek V4-Pro — sont des systèmes open-weight chinois, ce qui ajoute une dimension géopolitique : une capacité disponible en téléchargement gratuit ne peut pas être isolée par des contrôles à l’exportation comme peuvent l’être des puces avancées.
