Starcloud, qui construit des centres de données en orbite pour les charges de travail d’IA, a annoncé le 21 août avoir ajouté 250 M$ à une valorisation de 2,3 Md$. Il ne s’agit pas d’une Series B. C’est une extension de la Series A de 170 M$ levée par l’entreprise à une valorisation de 1,1 Md$ fin mars — cinq mois plus tôt. Le total levé depuis la création en 2024 s’élève à 450 M$.

Qui participe

Manhattan West a mené l’opération. Les investisseurs existants Benchmark, EQT, Soma, NFX et 776 sont revenus, rejoints par de nouveaux soutiens dont Nvidia, Cisco Investments, Cedar Capital, Goanna Capital et Standard Capital. La participation de Nvidia est l’élément marquant : l’entreprise a déjà vendu sur cette thèse et y détient désormais une participation.

Ce que le cadrage habituel ne dit pas

Deux choses. D’abord, le mot qui manque dans la plupart des titres est extension — rouvrir un tour est ce qu’une entreprise fait lorsqu’elle veut du capital sans se soumettre à un nouveau tour valorisé, et c’est un signal matériellement différent d’un nouveau chef de file fixant une nouvelle référence. Ensuite, « la valorisation a doublé en cinq mois » compare 1,1 Md$ à une valorisation post-money de 2,3 Md$ qui inclut déjà les 250 M$ entrants. La valorisation pré-money implicite est d’environ 2,05 Md$, si bien que le saut est plus faible que ne le suggère l’idée de doublement. Troisièmement, et c’est le point principal : les 88 000 satellites et les 20 gigawatts de calcul orbital relèvent d’un plan annoncé, et le chiffre de la constellation fait l’objet d’une demande auprès de la FCC application — une requête, pas une licence, pas une capacité, et pas quelque chose qui soit financé par ce tour.

Ce qui existe réellement en orbite

Un satellite de démonstration. Starcloud-1 a été lancé en novembre 2025 avec un Nvidia H100 — le premier GPU de classe data center mis en orbite — et l’entreprise dit y avoir réalisé la première session d’entraînement IA en orbite. Starcloud-2 doit suivre plus tard en 2026 et Starcloud-3 doit voler sur Starship. L’équipe fondatrice est composée du directeur général Philip Johnston, du directeur technique Ezra Feilden et de l’ingénieur en chef Adi Oltean.

La contrainte n’est pas la puce

Le goulot d’étranglement, dans le propre récit de l’entreprise, est la capacité de lancement, pas l’approvisionnement en accélérateurs — ce qui fait de cette opération un pari logistique habillé en thèse de calcul. Vingt gigawatts de calcul orbital supposent un rythme de lancements qui n’existe pas aujourd’hui, à aucun prix, et le tour ne finance ni les satellites ni les fusées à cette échelle. Les 250 M$ servent à financer les deux prochains démonstrateurs et à gagner du temps pour savoir si l’ingénierie thermique et énergétique fonctionne en dehors d’une présentation.