Google a annoncé le 20 août que sa famille de modèles ouverts Gemma avait dépassé un milliard de téléchargements, en plus de plus de 100 000 variantes Gemma publiées par la communauté et de plus de 1 600 soumissions au récent Gemma Challenge sur Kaggle. Le billet lance également un dépôt GitHub « Awesome Gemma » comme répertoire sélectionné pour ce que Google appelle le Gemmaverse.

Ce que le billet affirme réellement

Google précise sans ambiguïté que le nombre n’est pas l’essentiel : « Ce qui compte bien plus que le nombre de téléchargements, c’est ce que la communauté construit avec eux. » Les exemples donnés sont précis. Des équipes de la NASA ont mis Gemma en orbite pour l’analyse d’images embarquée, l’optimisation de la bande passante et le routage intersatellites. L’Autorité nationale de santé de l’Inde a intégré Gemma 4 et le Medical Data Toolkit open source de Google dans Aarogya Setu 2.0 afin de transformer des rapports médicaux en formats numériques standardisés.

Ce que le cadrage courant ne dit pas correctement

Le milliard et les cent mille ne sont pas des chiffres indépendants. Chaque variante communautaire est elle-même un artefact téléchargeable sur les mêmes plateformes, et ses téléchargements s’ajoutent au même total. Un écosystème qui produit 100 000 rechargements est un écosystème qui gonfle mécaniquement un compteur de téléchargements — ce qui explique peut-être pourquoi Google a mis l’argument de l’écosystème avant le chiffre. Par ailleurs, le chiffre largement relayé selon lequel Gemma 4 à lui seul représenterait 300 millions des téléchargements n’apparaît nulle part dans le billet de Google ; il est extrapolé par des agrégateurs. Et la section intitulée « Empowering 100 million citizens in India » repose sur le fait qu’Aarogya Setu 2.0 a plus de 100 millions d’installations Android — il s’agit du parc d’installations de l’application, pas d’un décompte de personnes utilisant Gemma.

Pourquoi le compteur reste important

Les totaux de téléchargements sont la seule mesure publique de traction dont disposent les familles à poids ouverts. Il n’y a ni chiffre d’affaires, ni nombre de sièges, ni compteur d’API. Cela fait du chiffre à la fois la référence de l’industrie et sa mesure la plus fragile, et c’est pourquoi la comparaison que tout le monde veut — Gemma face à Llama ou Qwen — ne peut pas être établie proprement à partir des chiffres publiés.