Google a annoncé le 28 août que Gemini Notebook passe à ce qu’il appelle des limites d’utilisation flexibles. Le changement est présenté comme un assouplissement : les utilisateurs sont invités à travailler tout au long de la journée plutôt qu’à se heurter à une limite. Mais ce que le billet fait en réalité, c’est supprimer tous les chiffres qu’un utilisateur pouvait auparavant vérifier.
Ce qui est remplacé
L’ancien système était comptable. Un compte gratuit bénéficiait d’une allocation quotidienne fixe de résumés audio et vidéo, ainsi que d’un nombre fixe de rapports ou de quiz ; le niveau le plus élevé était chiffré en milliers de requêtes de chat par jour. Qu’on pense ce que l’on veut de ces chiffres, on pouvait les opposer au produit.
Ce qui le remplace
La consommation est désormais imputée à un budget de calcul évalué selon « la complexité du prompt, la longueur de la conversation, le nombre de sources et les fonctionnalités utilisées ». La pondération de ces quatre paramètres n’est pas divulguée. Le budget se recharge selon un cycle de cinq heures plutôt que quotidiennement. L’annonce de Google n’indique aucune allocation pour quelque niveau que ce soit.
Ce que l’interprétation courante comprend mal
« Flexible » est lu comme « plus généreux ». Rien dans le billet n’étaye cette lecture, car le billet ne donne aucun volume à comparer à l’ancien. La description exacte est que la limite est devenue immesurable : un utilisateur ne peut pas déterminer à l’avance à quoi il a droit, ni après coup s’il a bien reçu ce à quoi il avait droit. La fenêtre plus courte joue aussi dans les deux sens : une réinitialisation toutes les cinq heures signifie qu’une session intensive ne consomme plus l’allocation d’une journée, mais elle signifie aussi que cette allocation ne peut plus être dépensée d’une traite. Et la nouvelle fonctionnalité « generate later », listée parmi les améliorations, correspond à ce qui se passe lorsqu’on atteint le plafond : les sorties lourdes sont mises en file d’attente puis livrées lorsque du budget se libère. C’est une file d’attente présentée comme une commodité.
Les multiplicateurs sans base
Les niveaux payants conservent leurs multiplicateurs publiés — les niveaux intermédiaires sont vendus comme des multiples de l’allocation standard, et le niveau supérieur comme un multiple supplémentaire. Un multiplicateur n’a de sens que par rapport à une base publiée, et c’est précisément cette base que ce changement retire. Rien n’a encore changé pour quiconque : le déploiement commence le 2 septembre, uniquement pour les comptes grand public, sur le web et sur mobile.
