HM Treasury a publié le 31 August at 09:25:15 UTC — 10:25:15 BST, et la page n’a pas été modifiée depuis — le lancement des premières compétitions de marchés publics dans le cadre du Sovereign AI R&D Procurement Scheme britannique. L’annonce a été faite par le Chancellor lors de la réunion des ministres des Finances du G20.

Ce qui est réellement ouvert

Des compétitions de marchés publics, dans des domaines notamment la productivité du NHS, la sécurité nationale, la résilience cyber et les infrastructures de calcul. Le communiqué présente cela comme un soutien aux start-up britanniques de l’IA afin qu’elles "start in the UK, scale in the UK, and win globally." Le mécanisme est le suivant : l’État leur achète des services — en utilisant les budgets publics existants comme signal de demande plutôt qu’en accordant des subventions.

Ce que sont — et ne sont pas — les 100 M£

Le titre affiche "£100 million competition." Mais le corps du texte dit quelque chose de plus précis : il s’agit des "first procurement competitions under its £100 million Sovereign AI R&D Procurement Scheme." Les 100 M£ correspondent donc à la taille du programme, et non à ce lancement, tandis que le pluriel dans le corps du texte contredit le singulier du titre. Aucune valeur n’est indiquée pour chaque compétition, et le communiqué ne précise pas quelle part des 100 M£ ces premières compétitions représentent. À la lecture du document, impossible de savoir si cette tranche vaut 5 M£ ou 50 M£.

Ce que l’angle général présente mal

Trois choses. Ce n’est pas un fonds au sens du capital-risque — il s’agit de marchés publics, donc l’argent sert à acheter des livrables plutôt qu’à prendre des participations. Rien n’a été attribué : les compétitions sont ouvertes, et aucune entreprise n’a reçu quoi que ce soit. Et la référence au G7 est conditionnelle — le Chancellor a confirmé que le Royaume-Uni "plans to" ouvrir le AI Economics Institute à la coopération internationale, ce qui relève d’une intention, non d’un accord avec d’autres gouvernements.

Pourquoi l’outil est néanmoins intéressant

Recourir aux marchés publics plutôt qu’aux subventions est un vrai choix de conception, avec un argument solide : un gouvernement qui s’engage à acheter apporte à une start-up du chiffre d’affaires et un client de référence, ce qui vaut davantage qu’une subvention et ne dilue personne. Le revers, c’est que cela ne fonctionne que si les compétitions peuvent être remportées par de petites entreprises, et non par les grands intégrateurs en place qui emploient des équipes entières sur les appels d’offres. Le communiqué indique que le dispositif est conçu pour garantir des conditions équitables. On verra si c’est le cas à l’aune des gagnants — et cela n’arrivera pas avant plusieurs mois.